Résidence

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Cinq jeunes étudiants aux beaux-arts ont présenté leurs œuvres à la salle des fêtes de Berrac 

C’est la belle histoire de cinq jeunes étudiants aux Beaux-Arts de Paris-Cergy et de Toulouse, les Berracais Léon et Rosa Biasiolo, le Toulousain Matéo Guilbo, la Sud-Coréenne Yeongseo Je et la Basque Louise Pereira-Guarra. En liberté totale dans notre enrichissant territoire gersois, ils ont su s’imprégner du paysage et de ses valeurs, mettant alors en lumière leur créativité pendant trois jours lors d’une démonstration à la salle des fêtes de Berrac, à la fin du mois de février. Mêlant sculpture, peinture, dessin, performance et vidéo, cette fabrication de l’immatériel avec du matériel, dans une liberté totale au travail d’artiste en apprentissage est un véritable projet de démocratisation. Sans jugement de valeur de notre ruralité, ils ont su prendre les Berracais, attiser leur curiosité, les rapprocher et les accompagner sur ce chemin de l’art où chacun a pu voir ses difficultés reconnues et éclairées. 

Pour un premier défi, ce fut un coup de maître pour un art peu connu du grand public et donc de la ruralité. Et cette résidence d’art de deux semaines n’était qu’un avant-goût face à ce qui se prépare pour cet été, pendant lequel ce collectif se retrouvera pour créer et innover afin d’investir le village et les proches alentours de Berrac. Philippe Augustin, maire de Berrac, confie : « Non, l’art ne se cantonne pas aux grandes métropoles ! En cette période de fermeture des lieux culturels, la municipalité a tenu à soutenir la création en permettant aux artistes de continuer à travailler dans le respect des consignes sanitaires. Des étudiants sans amphi, ayant perdu leur job, en grandes difficultés, ont donc occupé la salle des fêtes avec leurs initiatives étonnantes. Ils se sont rendu compte que notre milieu rural est un véritable laboratoire pour la création et la municipalité les attend cet été ». 

Entretien avec Léon Biasiolo 

Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce projet ? 

« Ce projet n’était qu’un crash-test pour nous. Il a servi avant tout à observer et organiser notre vie ensemble, et examiner nos capacités à créer en commun. Prendre des distances de nos villes respectives nous a fait grand bien en vue de la situation très délicate que traversent les étudiants en ce moment. Nous avons pu recréer un échange, entre nous et avec le public ». 

Cette expérience aura-t-elle une suite ? 

« Grâce à tout ce travail et à mon village, la suite de cette démarche sera bien en place avec une plus grande ampleur ! La résidence d’artistes se tiendra en début d’été pendant un mois complet, avec davantage de membres invités dans l’objectif d’aboutir un projet plus réfléchi et conséquent, qui investirait non seulement la salle des fêtes mais le village entier. Ce village est admirable, il illustre parfaitement notre projet par son soutien et sa curiosité, mais aussi par les valeurs que nous mettons en avant. Nous sommes ravis d’apporter cet élan de créativité nouvelle et de jeunesse dans mon village natal ! » 

Marie-Jeanne Marquet, BVG

Thierry